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Côte d'Ivoire 1 novembre 2026

Entrepreneuriat féminin : partie de 20 000 FCFA, Désirée bâtit son indépendance financière

Désirée, casquette orange, dans sa boutique de vêtements à Yopougon, devant l’enseigne Daisy Shop
Photo : Daisy Shop / TikTok

Économie. Partie d’un capital de seulement 20 000 FCFA en 2018, Désirée a progressivement construit son activité dans le commerce de vêtements de friperie. Huit ans plus tard, la jeune entrepreneure dispose de sa propre boutique à Yopougon et fait travailler cinq personnes. Entre réveils à l’aube, approvisionnement au village de Kouté et voyages commerciaux à Lomé et à Lagos, son parcours montre comment la détermination peut devenir un levier d’autonomie financière pour les femmes.

Il est 5 h 45. Alors que la ville dort encore, Désirée a déjà commencé sa journée. Direction le village de Kouté, où elle retrouve les commerçants ghanéens spécialisés dans la friperie. Son objectif : dénicher les vêtements de premier choix et proposer à sa clientèle des articles de qualité à des prix accessibles.

Cette routine matinale, devenue presque un rituel, est au cœur d’une aventure entamée en 2018. À ses débuts, Désirée ne dispose que de 20 000 FCFA. Une somme modeste, mais suffisante pour poser les premières pierres d’un projet qui allait prendre une autre dimension.

20 000 FCFA pour commencer, huit ans pour bâtir

Dans la friperie, les opportunités existent, mais la concurrence est forte. De nombreux jeunes, filles et garçons, se disputent les meilleures marchandises. Il faut donc apprendre à se démarquer : arriver tôt sur les lieux d’approvisionnement, savoir sélectionner les bonnes pièces, négocier avec les fournisseurs et, surtout, comprendre les attentes des clients.

Désirée s’impose grâce à sa régularité et à sa détermination. Elle construit sa clientèle et développe son activité étape après étape. Les débuts sont laborieux, mais elle ne renonce pas. Huit ans après ses premiers pas, elle franchit un cap avec l’ouverture de sa propre boutique dans la commune de Yopougon, un lieu qui symbolise le chemin parcouru depuis son premier capital.

Désirée en robe longue rayée dans sa boutique de Yopougon, entre un canapé bleu et des portants de vêtements
Désirée dans sa boutique, à Yopougon. Photo : Daisy Shop / TikTok

De l’activité individuelle à la création d’emplois

Aujourd’hui, son activité mobilise cinq personnes : une gérante chargée de l’administration quotidienne du point de vente et quatre livreurs qui assurent la distribution des marchandises.

Ce qui n’était au départ qu’une petite activité portée par une seule jeune femme crée désormais des emplois pour d’autres. Une dimension importante, alors que l’entrepreneuriat féminin est un levier de participation économique et de création d’emplois en Afrique. Pour Désirée, l’ambition n’est plus seulement de vendre des vêtements, mais de bâtir une organisation commerciale capable de répondre à une clientèle de plus en plus exigeante.

Lomé et Lagos : à la conquête de nouveaux marchés

La jeune entrepreneure ne compte pas s’arrêter là. Pour renouveler son offre et diversifier ses sources d’approvisionnement, elle se rend à Lomé, au Togo, et à Lagos, au Nigeria. Ces voyages lui permettent d’explorer de nouveaux circuits, de rechercher des articles originaux et de repérer les tendances susceptibles de séduire sa clientèle.

Derrière cette démarche se dessine une ambition : faire évoluer une activité modeste vers une entreprise plus structurée, ouverte sur les marchés de la sous-région.

L’autonomie financière des femmes, une conquête au quotidien

Au-delà de son parcours personnel, l’histoire de Désirée pose la question de l’autonomie financière des femmes africaines. Pour beaucoup d’entre elles, l’entrepreneuriat est une voie vers l’indépendance économique : disposer de ses propres revenus, prendre ses décisions financières, soutenir ses proches et participer à la création de richesses.

Cette indépendance ne se décrète pas. Elle se construit dans la durée, à force de sacrifices, de gestion rigoureuse et d’adaptation permanente aux réalités du marché. Derrière les commerces qui animent les marchés et les quartiers, de nombreuses femmes bâtissent ainsi leur avenir économique et créent des emplois.

De Kouté à Yopougon, des premiers achats de friperie aux voyages à Lomé et à Lagos, Désirée a parcouru un long chemin. Huit ans après avoir commencé avec 20 000 FCFA, elle poursuit son ambition, avec un message : l’indépendance financière peut commencer modestement, avec une idée, du courage et la volonté de ne pas abandonner.

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