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Côte d'Ivoire 19 octobre 2026

Côte d’Ivoire : six cadres du PDCI-RDA convoqués par la justice, le parti dénonce un « signal politique grave »

Façade du siège du PDCI-RDA à Abidjan, avec des personnes rassemblées devant l’entrée
Le siège du PDCI-RDA, à Abidjan. Photo : Patrick Blé / Pouls Afrique

Après le PPA-CI de Laurent Gbagbo, c’est au tour du parti de Tidjane Thiam. Six cadres du PDCI-RDA sont convoqués par la justice, a annoncé le Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain dans une déclaration datée du samedi 17 octobre 2026 et signée de son secrétaire exécutif en chef, Calice Yapo Yapo. Il y voit un « signal politique grave ».

Les motifs précis de ces convocations n’ont pas été rendus publics.

Des auditions jusqu’au 23 octobre

Selon le PDCI-RDA, les convocations, datées du jeudi 15 octobre, émanent de la vice-présidente du tribunal de première instance d’Abidjan, doyenne des juges d’instruction, chargée du 8e cabinet d’instruction. Les auditions s’échelonnent jusqu’au vendredi 23 octobre, et plusieurs convocations font référence à la section antiterroriste du tribunal.

Les six responsables cités par le parti sont :

  • Georges Philippe Ezaley, vice-président, vice-coordonnateur des activités des vice-présidents et conseiller spécial du président du parti ;
  • Alain Cocauthrey, ancien ministre, vice-président et directeur de cabinet de Tidjane Thiam ;
  • Roger Mandodja Mbia, vice-président et directeur général du parti ;
  • Augustin Yohou Dia Houphouët, vice-président, secrétaire exécutif chargé de la mobilisation ;
  • Hervé Fian et Guillaume Kouakou, membres du bureau politique.

Les premières informations de presse, parues le vendredi 16 octobre, faisaient état de cinq cadres convoqués. La déclaration du parti en recense six.

Quatre d’entre eux, Georges Philippe Ezaley, Alain Cocauthrey, Roger Mandodja Mbia et Augustin Yohou Dia Houphouët, figuraient déjà parmi les sept responsables du parti convoqués à la police criminelle fin octobre 2025, quelques jours après l’élection présidentielle du 25 octobre, comme l’avaient rapporté L’Avenir et KOACI.

Le PPA-CI déjà visé

Ces convocations font suite à celles qui visent le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI). Le 15 octobre, le parti de Laurent Gbagbo a annoncé que cinq de ses responsables étaient convoqués devant le même cabinet d’instruction, entre le 15 et le 23 octobre. L’ancien ministre Sébastien Dano Djédjé, président du Conseil stratégique et politique du PPA-CI, a été placé sous contrôle judiciaire le 12 octobre, et le vice-président du parti, Justin Koné Katinan, a été placé sous mandat de dépôt en septembre.

Les deux partis avaient formé en 2025 un Front commun pour porter les revendications de l’opposition avant la présidentielle d’octobre, dont Tidjane Thiam et Laurent Gbagbo avaient été écartés.

Une « pression » sur l’opposition, selon le parti

Pour le PDCI-RDA, l’enchaînement de procédures visant des responsables des deux grandes formations de l’opposition marque une nouvelle étape dans la pression qu’il estime exercée sur les acteurs politiques qui expriment des positions divergentes et réclament des garanties démocratiques.

Le parti refuse que la crise électorale d’octobre 2025 devienne « le prétexte permanent » à cette mise sous pression. Près d’un an plus tard, estime-t-il, la Côte d’Ivoire a davantage besoin d’apaisement, de vérité et de réconciliation que de nouvelles tensions. Il juge la répression de l’opposition, les détentions et l’exil de responsables politiques incompatibles avec la réconciliation nationale, et rappelle l’esprit d’apaisement qu’il dit avoir partagé avec d’autres acteurs lors de la préparation de la fête nationale du 7 août à Yopougon.

Le PDCI-RDA « rejette avec force toute association ou assimilation à une quelconque organisation criminelle ou terroriste ». Selon lui, « l’expression d’un désaccord doit appartenir à la vie démocratique » et ne saurait constituer une menace contre la République.

Ce que réclame le PDCI-RDA

Le parti affirme son attachement à une justice indépendante et impartiale et condamne la violence, mais refuse que la procédure judiciaire devienne une « sanction politique avant tout jugement ». Il demande :

  • l’abandon des poursuites qui ne reposeraient pas sur des faits précis, personnellement imputables et étayés ;
  • le respect de la présomption d’innocence, l’assistance effective des avocats, une information claire sur les faits reprochés et les garanties d’un procès équitable ;
  • la libération des personnes détenues « pour le seul exercice pacifique de leurs droits politiques » ;
  • le retour sécurisé des exilés, le parti refusant que « l’asile devienne une impasse » pour des opposants empêchés de rentrer, puis pénalisés pour leur absence ;
  • un dialogue national inclusif sur les libertés publiques, la confiance entre acteurs politiques, les garanties électorales et les conditions d’une paix durable.

Le PDCI-RDA indique vouloir alerter les institutions nationales de protection des droits humains, les représentations diplomatiques, la CEDEAO, l’Union africaine et les Nations unies, et leur demander de suivre attentivement ces procédures. Il appelle ses militants à rester unis, vigilants et disciplinés, « sans céder aux provocations d’où qu’elles viennent ».

Côté gouvernement

Ni le gouvernement ni la justice n’ont réagi publiquement, à ce stade, aux convocations des cadres du PDCI-RDA. Le 14 octobre, interrogé à l’issue du Conseil des ministres sur les poursuites visant des responsables du PPA-CI, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, avait rappelé les violences de la période électorale de 2025, dont une tentative présumée de sabotage d’une plateforme pétrolière au large de Jacqueville, l’incendie de bus de la Sotra et des attaques contre des gendarmes. Il avait ajouté ne pas commenter « les affaires qui sont en instruction ».

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