Économie. La 14e édition de la CGECI Academy s’est ouverte le jeudi 29 octobre 2026 au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, en présence du vice-président de la République, Tiémoko Meyliet Koné, de chefs d’entreprise et de représentants d’institutions nationales et internationales. Placé sous le thème « Capital humain, levier stratégique pour l’Afrique », le forum annuel de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI) se tient jusqu’au vendredi 30 octobre.
L’État et le privé appelés à mieux former les jeunes
À l’ouverture, le vice-président a plaidé pour un partenariat plus étroit entre l’État et le secteur privé, afin d’adapter les formations aux besoins des entreprises et de faciliter l’insertion des jeunes. « Il est essentiel de renforcer la collaboration entre les pouvoirs publics et les entreprises », a-t-il déclaré, selon l’Agence ivoirienne de presse (AIP).
Pour Tiémoko Meyliet Koné, le capital humain est un levier de transformation économique et sociale : le continent a besoin de compétences scientifiques, techniques et managériales. Il a annoncé la construction de 254 établissements d’enseignement technique et de formation professionnelle d’ici à 2030, et invité les chefs d’entreprise à transformer le dialogue avec l’État en résultats concrets.
Trois millions d’emplois pour plus de dix millions de jeunes
Le président de la CGECI, Ahmed Cissé, a mis en avant le décalage entre la création d’emplois et l’arrivée des jeunes sur le marché du travail : environ trois millions d’emplois formels sont créés chaque année en Afrique, pour 10 à 12 millions de nouveaux venus. Il a exhorté les entreprises à accueillir davantage de stagiaires et d’apprentis, à investir dans la formation professionnelle et à ouvrir aux jeunes, notamment aux filles, l’accès aux métiers d’avenir.
Au nom du ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Amadou Koné a appelé à une coopération renforcée entre l’État, les entreprises et les établissements de formation, pour adapter les compétences au marché du travail et aux évolutions technologiques.

Trois chantiers au programme
Les discussions portent notamment sur :
- la culture d’entreprise en Afrique, entre exigences de performance et réalités socioculturelles ;
- l’intelligence artificielle face au capital humain ;
- la construction de champions nationaux de la connaissance.
Conférences, panels, masterclass, rencontres entre entreprises et compétition de plans d’affaires complètent le programme, pour encourager l’innovation, l’entrepreneuriat et le dialogue entre acteurs économiques.
Faire du potentiel démographique un atout
L’enjeu, pour les organisateurs, est de rapprocher le monde de l’entreprise de celui de la formation. D’ici à 2050, l’Afrique comptera quelque 1,2 milliard d’actifs potentiels, selon les chiffres cités lors du lancement de cette édition en février, rapportés par l’agence APA. Encore faut-il que les compétences suivent les besoins des entreprises, dans un contexte de mutations technologiques. La CGECI ambitionne de tirer de ces travaux une « Déclaration d’Abidjan sur le capital humain », destinée à orienter les politiques publiques et privées.
À travers cette 14e édition, le patronat ivoirien entend faire du capital humain un pilier de la compétitivité des entreprises africaines.
