Société. Dans la région du Cavally, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, 5 740 personnes vivant avec le VIH sont suivies sous traitement antirétroviral. Parmi les patients dépistés positifs et mis sous traitement, 96 ont toutefois interrompu leur suivi médical. Ces chiffres ont été présentés le mercredi 28 octobre 2026 à Guiglo par le directeur régional de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, le Dr Jules Galla Bi Koffi, lors de la réunion statutaire du comité régional de lutte contre le VIH/Sida, en présence d’acteurs de la société civile et de personnes vivant avec le VIH.
Toutes les femmes enceintes dépistées sous traitement
La région enregistre un résultat marquant. Selon le Dr Galla Bi Koffi, toutes les femmes enceintes dépistées séropositives ont été mises sous traitement antirétroviral, et elles affichent un taux de suppression virale de 100 %. Autrement dit, grâce au traitement, la quantité de virus dans leur sang est devenue si faible qu’elle n’est plus détectable par les tests utilisés.
Le directeur régional a invité les femmes enceintes à se faire dépister et, en cas de séropositivité, à suivre correctement leur traitement afin de réduire le risque de transmission du virus à leur enfant. Lors de la même réunion, Rose Yao Ahou, du Programme national de lutte contre le VIH/Sida (PNLS), a présenté les enjeux de la triple élimination de la transmission de la mère à l’enfant du VIH, de la syphilis et de l’hépatite B, selon l’Agence ivoirienne de presse (AIP).
Les « trois 95 » encore hors d’atteinte
Le comité reste préoccupé par la non-atteinte des objectifs internationaux dits des « trois 95 » :
- dépister 95 % des personnes vivant avec le VIH ;
- mettre sous traitement antirétroviral 95 % des personnes diagnostiquées séropositives ;
- obtenir une suppression virale chez 95 % des personnes sous traitement.
Pour y parvenir, le directeur régional mise notamment sur les agents de santé communautaires, formés à la sensibilisation, qui contribuent à renforcer la prévention et à limiter la transmission du virus.
Les communautés appelées en renfort
Avec un taux estimé à 1 % dans la région, le VIH reste une préoccupation pour les autorités sanitaires. Le Dr Galla Bi Koffi a sollicité l’implication des chefs de village et de communauté, des guides religieux et des responsables d’associations de femmes et de jeunes, pour renforcer la sensibilisation dans les localités, encourager le dépistage et le respect du traitement. Le préfet de la région, Vincent Boka Kouassi, a lui aussi exhorté les membres du comité à intensifier les actions de sensibilisation sur le terrain.
Retrouver les 96 patients perdus de vue et les remettre sous traitement fait partie des défis à relever pour consolider les acquis de la région.
